Jeunesse de France sous l'Occupation : 1940-1945

Tout à la fois enjeu et instrument de la politique de Vichy, la jeunesse va faire l'objet, dans son ensemble, d'une attention particulière de Vichy, mais aussi des partis de la collaboration, puis des autorités d'occupation elles-mêmes. Puisqu'il s'agit de faire émerger une nouvelle génération, vierge des tourments et des scandales de la IIIe République, aucun jeune ne peut ignorer le destin nouveau auquel il doit se destiner. Du reste, davantage pour la patrie que pour lui-même. Une mission, un engagement, doit être proposé à chaque adolescent. La Révolution nationale ne peut laisser aucun jeune en déshérence morale ou civique. Et passées les deux premières années de guerre, c'est à la révolution socialiste et européenne de mobiliser une partie de la jeunesse, de la préparer aux engagements ultimes, ou de la pousser dans les bras de l'autre camp.
Ce sont plusieurs dizaines de milliers de jeunes gens et jeunes filles qui seront passés par les différentes organisations de jeunesse, zone occupée ou non-occupée, simples adhérents, membres de cercles d'études ou travailleurs en Allemagne, cadres militants ou engagés progressivement sous l'uniforme allemand. Cette mosaïque de mouvements, contraire à l'unicité d'une jeunesse totalitaire, a été voulue par le maréchal Pétain et son entourage. On y trouve des groupes confessionnels, déjà établis avant-guerre, et jusqu'à ceux prônant la radicalité d'une collaboration franco-allemande la plus totale.
C'est l'objet de cet ouvrage que de relater cette diversité, de la révéler visuellement et également d'en préciser les sources.