Passager sans bagage : de la révolution russe de 1917 à la Deuxième Guerre mondiale 1939-1945 : récit

«...La raison principale de notre fuite d'Essentouki, en l'absence
de Maman, est la suivante : Madame Miquel, devenue chef de famille
se désolait. Elle voulait fuir, mais ne savait pas trop comment. Nous
étions huit. Le jour suivant l'arrestation de ma mère, mes deux frères
avaient été prévenus que, sur un ordre de Lénine en provenance de
Moscou, les veuves et les enfants des otages exécutés devaient être
également supprimés. La veille, les amis et voisins avaient rapporté à
Madame Miquel que des listes se trouvaient placardées en ville, avec
les noms et prénoms de ceux qui étaient condamnés à mort.
Y figuraient en bonne place les trois frères Kapnist, Dimitry, Pavel et
Serge. Aussi pas un instant à perdre, en cette grande urgence.
Un train était en partance pour Novotcherkask, le même jour, à
21 heures. En hâte, Madame Miquel décida de saisir cette opportunité...»