Sibérie noire

Thierry Van Roy, coureur de fond de l'inutile, chien
errant de la galaxie, passe-muraille du chaos est un
réjoui de la dérive. Il ne sait jamais où il va, il ne va
jamais où il sait. Un vent chargé de neige intérieure
l'a poussé en Sibérie Noire, il n'en est jamais
revenu. Ses restes sont arrivés par la poste, dans une
enveloppe à papier-bulles : quelques textes de poésie
intraveineuse, des photos très noires d'un pays blanc.
Une liste de ses préférences : le son des bogies du
Transsibérien, se faire lécher le visage par les aurores
boréales, court-circuiter les constellations, craquer
des allumettes aux esprits.
Dans «Sibérie Noire», son testament polygraphe
commencé à la naissance, Thierry Van Roy lègue
toutes sortes de choses qu'il n'a pas, à des gens qui
n'existent pas.