Mémoire historique sur la ville de Semur-en-Auxois : suivi de notices sur les courses, le collège et les écoles, les fourches patibulaires à Semur...

Cet ouvrage a un double intérêt : non seulement il foisonne de renseignements sur le passé de la cité, mais il apparaît lui-même comme une singularité, puisque l'auteur de la première partie (Mémoire historique) est un homme du XVIII<sup>e</sup> siècle et que le journaliste, fondateur de l'Echo de l'Auxois, qui a établi les textes des notices en complément est un homme du XIX<sup>e</sup>. Le lecteur peut donc trouver là une histoire au sein de l'histoire qui ne manque pas de sel, la forme et la méthode différant parfois sur des sujets identiques.
Les origines de Semur sont très anciennes. Certains historiens, fort sérieux, attribuaient un rôle déterminant à Hercule lui-même dans sa fondation. Un château et une bourgade chrétienne existaient en ces lieux, dès le IV<sup>e</sup> siècle, alors qu'au VII<sup>e</sup> siècle on y trouvait un homme chargé d'apposer les sceaux du roi.
En 898, près de Saint-Florentin, le duc Richard écrase les envahisseurs normands qui avaient dévasté la Bourgogne, en 1060 le duc Robert commence à édifier une nouvelle église à Semur et c'est en 1154 que la paroisse est fixée à Notre-Dame par une bulle du pape Anastase IV. Dès la fin du XII<sup>e</sup> siècle, les Semurois jouissent d'une magistrature, de foires, de marchés et d'hôpitaux rentés et le droit de commune leur est accordé, en 1276, par le duc Robert II. Le XIV<sup>e</sup> siècle est marqué par de nombreux excès guerriers et Semur est souvent le point de ralliement des troupes ; par ailleurs, les hommes des grandes compagnies ravagent aussi le pays. En 1478, la cité est pillée et brûlée par les troupes de Charles d'Amboise, pour le roi, seuls l'église et le couvent sont épargnés. En 1588, naît à Semur le fameux Claude Saumaise, philologue dont l'esprit encyclopédique annoncera Bayle ; lors des troubles liés à la minorité de Louis XIV, Semur resta calme et les sciences et les belles-lettres s'y développèrent pendant toute la durée du XVIII<sup>e</sup> siècle.
Pour ce qui est des courses pratiquées dans la ville, elles sont mentionnées pour la première fois sur les registres municipaux en 1556 ; la course à pied sera supprimée en 1651 et la bague fixée comme 1<sup>er</sup> prix, l'année suivante, pour les courses à cheval ; puis l'épée et les bottines sont imposées aux coureurs en 1708 ; les valets en sont exclus en 1711, en 1793, les magistrats se rendent à la course, à pied, leurs chevaux étant réquisitionnés et on crée la course au trot en voiture, en 1841. Quant au collège de Semur, qui existait dès le XVI<sup>e</sup> siècle, il a, lui aussi, une histoire très longue et très mouvementée : le renouvellement des conventions entre les autorités de la ville et les précepteurs est en effet soumis à tous les aléas de l'histoire.