Des écrivains par monts et par vaux : de la montagne-chaos à l'éden alpestre

C'est tout naturellement que Maurice
Boyer, professeur de philosophie,
puis bibliothécaire municipal, et grand
passionné de montagne avec, à son actif,
diverses ascensions andines et des
parcours répétés des voies françaises du
Mont-Blanc, sans oublier ses multiples
randonnées dans ses Alpes familières,
en vient à analyser le «sentiment de la
montagne» dans ses composantes tant
historiques que littéraires ou philosophiques.
Projet d'écriture qu'il a porté en lui de
longues années et auquel le passage à
la retraite, en 2004, a permis de donner
forme plus aboutie et maturité.
Que le lecteur, montagnard averti ou simple
néophyte, se laisse guider par monts
et par vaux sur les pas des grands auteurs
qui, de Goethe à Ruskin, de Rousseau à
Chateaubriand ou Hugo, de Lamartine
à Gautier, ont su porter sur la montagne
d'hier - la vraie : celle d'avant les téléphériques
et routes d'altitude... - un
regard fasciné et émerveillé.
Au concert d'éloges romantiques viennent
toutefois bientôt se mêler des
voix discordantes, telle celle d'un Chateaubriand,
déplorant déjà - en 1832,
sur la route nouvelle du Saint-Gothard
- la disparition du pittoresque des anciens
chemins muletiers : les paradis, à
peine dévoilés, auraient-ils pour destin
de connaître le désenchantement ?