Journal d'une enfant vicieuse

Hugues Rebell demeure assez - et sans doute injustement - méconnu.
Léautaud le jugea pourtant «bel esprit, fin, curieux, très raffiné»,
et certains de ses poèmes inspirèrent Gide. Aristocrate heureux et
dédaigneux, selon Remy de Gourmont, il dilapida la fortune héritée
de son père dans les livres rares, le luxe et les femmes. On prétend
qu'il mourut de sa vie de débauche et de ses excès. Il termina en tout
cas ses jours dans la misère la plus noire, après avoir fui les huissiers
une ultime fois, mais entouré de ses beaux livres.
C'est sous le pseudonyme de Madame de Morency, lui-même
pseudonyme de Suzanne Giroux, qu'il écrivit Journal d'une enfant
vicieuse , l'histoire d'une petite dévergondée, que sa tante, pour lui
apprendre les bonnes manières, envoie en pension. Bien mal lui en
prend. C'est dans cette pieuse institution que l'enfant vicieuse, avec
la bénédiction et la complicité des nonnes, deviendra experte en
flagellation. Pour le plus grand plaisir de toutes et de tous.