Le livre du cèpe

Comme ces autres «trésors gourmands» saisonniers,
truffes, bécasses, pibales et autres girolles, les cèpes - de
Bordeaux (Boletus edulis) , d'été (Boletus aestivalis) , des pins
(Boletus pinophilus) ou Tête de nègre (Boletus aereus) - réactivent,
chaque début d'automne, les rêves et les passions. Le
moment venu de leur apparition, des Pyrénées à Bordeaux,
en Périgord ou en Corrèze, dans les Landes ou en Auvergne,
et bien au-delà, c'est une envie de sous-bois, de feuilles
mortes et de petits matins qui monte.
À une époque où les forêts et leurs richesses, de plus en
plus convoitées, deviennent aussi de plus en plus menacées,
ce Livre du cèpe se veut une défense et illustration de ce petit
objet du désir et de délice.
Projet presque exhaustif donc. Après un éloge de la
cueillette et une promenade scientifique dans la grande famille
des bolets, le lecteur plonge dans l'histoire de Boletus
edulis et de ses cousins. Le récit épique d'une expédition en
Corrèze précède une analyse détaillée des enjeux économiques
de notre champignon.
Puis l'auteur nous délecte avec un chapitre sur la cuisine
et une anthologie littéraire. Plusieurs entretiens (un ramasseur,
un collecteur, J. Guinberteau, mycologue de l'INRA ou
encore Jean Issard, refondateur du marché aux cèpes de
Villefranche-du-Périgord) donnent à ces pages une profonde
dimension humaine, loin du simple manuel pratique.
A côté d'une iconographie documentaire, les photographies
de Jean-Luc Chapin et Frédéric Lallemand devraient
faire de cet ouvrage une référence pour les amoureux de la
nature et d'une culture du bien-vivre.