Une odyssée gauloise : parures de femmes à l'origine des premiers échanges entre la Grèce et la Gaule

Avant la fondation de Marseille par les Phocéens en 600 avant J.-C., le nord-ouest de la Méditerranée
était pour les Grecs un terrain d'aventure et d'exploration. Ils y cherchaient des produits
rares, comme le cuivre, l'étain mais aussi l'ambre, qu'ils pensaient créé par les derniers rayons du
soleil solidifiés dans l'océan. Ils croyaient aussi y trouver les peuples des confins septentrionaux du
monde, comme les bienheureux Hyperboréens, et la descendance du Soleil - les Héliades qui,
disait-on, pleuraient leur frère Phaéton sur les rives d'un fleuve mythique de ces contrées, l'Éridanos.
Cette géographie mythique des confins du monde vers le couchant d'été a laissé quelques traces
dans la littérature grecque archaïque.
Elle peut aussi être reconstituée grâce à l'étude d'une série très particulière de vestiges archéologiques
distribués largement entre le Centre de la France, le Languedoc, la Sicile, la Grèce et les
rives de la mer Noire. Ces ensembles exceptionnels nous donnent des indications sur les parcours
maritimes suivis par les pionniers, mais aussi sur le contexte économique et les conceptions religieuses
et mythiques dans lesquelles ces explorations prenaient place.
Ce catalogue, auquel ont participé plus de quarante auteurs, suit le parcours fabuleux de ces
objets, la plupart du temps des parures féminines en bronze. Il retrace ces cheminements complexes
d'un bout à l'autre du monde connu des Grecs, du coeur de l'Europe celtique et du Caucase
jusqu'aux grandes cités grecques de la Méditerranée centrale et occidentale. Organisé en sept
chapitres, cet ouvrage aborde non seulement les questions de circulations des bronzes, mais aussi
leur usage et raconte comment d'objets de parures, certains bijoux gaulois sont entrés dans les
pratiques rituelles et magiques des Grecs.