Paul Nizan : destin d'un révolté

Paul Nizan, c'est beaucoup de monde à la fois : un brillant
normalien, le condisciple de Raymond Aron, l'ami le plus intime
de Sartre, qui en fut comme obsédé, un grand romancier politique,
un pamphlétaire aux formules saisissantes, un militant sectaire
et angoissé, l'amoureux de l'étonnante Rirette, le cousin de
Lévi-Strauss, le compagnon de reportage de Cartier-Bresson...
Mais voici le même homme devenu, aux yeux de ses
anciens camarades - Aragon, au premier rang -, un traître, voire
un indicateur de police. Son crime ? Avoir rompu ouvertement
avec l'Église communiste quand les chars soviétiques entrèrent
en Pologne en 1939.
Redécouvert par la génération de Mai 68, salué par Godard,
Nizan était, paraît-il, passé de mode. Ce livre, qui n'est pas une
sage étude universitaire, est une occasion de réapprendre le chemin
de cette oeuvre séduisante, qui fut aussi une vie tragiquement
singulière - ou faut-il dire : exemplaire ?