Les fureurs à la Renaissance

Ce livre propose un trajet passionnant à travers l'héritage et le devenir
d'une notion-clef dans l'histoire des idées. Il s'agit de la mania évoquée dans
un célèbre texte du Phèdre de Platon. Il s'applique à montrer comment la
notion reprise à Platon s'est perpétuée tout en se modifiant en fonction de la
transformation du monde qui passe du cosmos antique à l'univers infini et
ouvert de Giordano Bruno ; un univers également qui comprend un «Nouveau
Monde» récemment découvert. On abandonne la fureur-délire ou possession
divine, sous l'égide de Dionysos, au profit de la fureur héroïque maîtrisée par
le philosophe et le poète créateur. Monalisa Carrilho de Macedo retrace ce
parcours sinueux avec une riche érudition. Elle adopte un style très personnel,
mettant dès le départ son problème en perspective à partir de son propre lieu
d'origine : un Brésil qui, par bien des aspects - magiques, religieux, festifs -
est resté en résonance sensible avec le monde de la Renaissance. On peut se
demander à quel problème philosophique correspond cette question de la
fureur, quelle sera sa formulation conceptuelle. On peut le lire dans ce livre
sous la forme du problème de la subjectivité, de la subjectivité créatrice ou des
puissances de la subjectivité. Le tournant de la Renaissance est capital, étant
justement celui de la naissance du «sujet» moderne.