Penser avec l'infini : la fécondité d'une notion mathématique et philosophique, de Giordano Bruno aux Lumières

Au cours de ce qu'il est convenu d'appeler l'Âge classique (notre XVII<sup>e</sup> siècle), deux domaines majeurs de la pensée - la philosophie et les mathématiques, déterminants dans tous les registres du savoir - vont être profondément renouvelés par l'émergence d'une question jusqu'alors laissée de côté : celle de l'infini.
Penser avec l'infini
La fécondité d'une notion mathématique et philosophique, de Giordano Bruno aux lumières
Au tournant des XVII<sup>e</sup> et XVIII<sup>e</sup> siècles en Europe, la pensée s'est affranchie des anciennes hiérarchies théologiques et métaphysiques qui, depuis l'Antiquité, imposaient leur vision du monde comme celle d'un univers limité, fini. La raison à l'oeuvre en sciences comme en philosophie (Pascal, Descartes, etc.) a introduit un nouveau questionnement et transformé la conception des connaissances. Ces changements qui reposent sur la notion d'infini ont eu des répercussions sur la société : des notions fondatrices comme la liberté se sont renouvelées en entraînant de nouveaux droits.
Cette nouvelle façon d'être au monde, sans Dieu ni théologie, correspond aux Lumières - une période de quelques dizaines d'années seulement dont on sait qu'elle fut le creuset de la Révolution française puis du Romantisme - « cette interrogation critique sur le présent et sur nous-mêmes » ( dixit Michel Foucault) au coeur de la pensée rationnelle moderne.