Ma romance : un roman

« L'organisation éminemment irrégulière que j'avais fait accepter sur
le toit de l'immeuble où se trouvait Esquire, en aucun cas elle n'allait
pouvoir se prolonger là au sommet de l'immeuble où se trouvait
Knopf. Et se trouve. Laquelle adresse - à savoir, 201 50<sup>e</sup> Rue Est - hé
bien, avec autant d'écrivains assis là parmi vous, nombreux sont
ceux parmi vous qui savent que c'est l'adresse de l'immeuble de la
Random House. Et probablement autant parmi vous savent que ça
vaut tout aussi bien pour Knopf cette adresse - étant donné que
Alfred A. Knopf est une filiale de la Random House. Ou, je ne sais
pas - une division, une annexe, une succursale. En tout cas, le fait
pour moi de pouvoir accéder au toit de la Random House, il s'est
avéré qu'il ne pouvait en être question. J'avais nourri certains espoirs,
bien sûr - mais je pouvais dire que cela allait être une tout autre
affaire, un immeuble si grand, si haut, tellement proche en quelque
sorte d'un immeuble d'affaires. »
Quelle est cette organisation irrégulière à installer au sommet
de la Random House qui ressemble plus à une multinationale
qu'à une maison d'éditions ? Gordon Lish, l'écrivain, prétend-il
s'imposer aux géants de la finance ou chasser les marchands
d'un nouveau temple ? Que complote-t-il sous cette apparence
de romance, conçue comme un monologue improvisé lors d'un
colloque d'écrivains ?
Ma romance est un leurre. Gordon Lish a une autre histoire à
raconter derrière ces semblants miroitants, une histoire très
ancienne en forme de terrifiante bonne nouvelle. Levez les yeux,
vous l'avez sous les yeux.
P.G.