Le rôle méconnu de la loi salique : la succession royale, XIVe-XVIe siècles

Quel fut réellement le rôle de la loi salique dans la
succession à la couronne de France ? Quel principe justifiait
que «femme ne succède pas au royaume» ?
Quelles furent les raisons de l'avènement des Valois ?
Comment les Bourbons montèrent-ils sur le trône ?
C'est avec une érudition remarquable, en s'appuyant
sur des documents négligés et sur de nombreuses sources
juridiques, que Ralph E. Giesey répond à toutes ces
questions. Il montre que, contrairement à l'opinion
communément admise, le droit d'une fille de roi à
revendiquer le trône de France, en l'absence d'un héritier
mâle, fut officiellement reconnu par la famille royale
et les grands du royaume en 1316, et que l'exclusion des
femmes avait des motifs purement politiques et pas
misogynes. C'est dans le débat sur la légitimité des
Valois que la loi salique et son article d'exclusion furent
invoqués pour la première fois. Censé exclure de la succession
à la couronne les filles de roi et leurs fils, l'article
fut découvert par un juriste italien du XIV<sup>e</sup> siècle et repris
par plusieurs auteurs qui inventèrent ainsi, en se fondant
sur des textes expurgés ou mal compris, ce que
Ralph E. Giesey appelle la «légende de la loi salique».
Battue en brèche par des juristes de la Renaissance, la
légende réussit à se maintenir. L'exclusion des mâles en
ligne féminine déboucha sur la notion de princes du
sang, capitale pour comprendre la fin des Valois, les
démêlés d'Henri de Navarre avec la Ligue et l'avènement
des Bourbons.