Panafricanisme, religion akan et dynamiques identitaires aux Etats-Unis : le chemin du Sankofa

Ghana, 1965. Gus Dinizulu, un musicien afro-américain des États-Unis,
en tournée en Afrique de l'Ouest, découvre un lieu de culte
populaire dans la région, l'Akonedi Shrine. Accueilli par la prêtresse en
chef, introduit aux cultes des divinités vénérées sur place et anobli par
les autorités politiques locales, celui-ci décide d'exporter les pratiques
et rituels du lieu aux États-Unis et de fonder à New York une première
maison de culte akan destinée exclusivement aux Afro-Américains.
En Amérique du Nord, le projet de Dinizulu répond à un désir chez
certains militants noirs d'emprunter le chemin du Sankofa, c'est-à-dire
de partir à la recherche de leurs racines et de construire sur le territoire
national des espaces d'africanité où ce qu'ils reconnaissent comme leur
culture originelle serait accessible et reproductible. Des montagnes de
l'arrière-pays d'Accra aux rues animées des quartiers afro-américains
de New York, des bibliothèques universitaires ghanéennes aux caves
de Philadelphie, Pauline Guedj nous invite à suivre le processus de
diffusion et d'implantation de la religion akan aux États-Unis, son
intégration dans le champ religieux afro-américain et son rôle dans
l'élaboration de revendications identitaires complexes et sans cesse
redéfinies.