Le passage extérieur

La poétique de Kenneth White ouvre un espace en dehors
non seulement des lieux communs et des codes, mais aussi des
contextes que l'humanité s'est forgés pour se fournir un au-delà
: la mythologie, la religion, la métaphysique et le sens de
l'histoire, dont les restes, caricaturaux, servent toujours à
donner une aura aux réalités dérisoires et à la déréalisation
croissante d'un monde fermé sur lui-même et ses fantasmes.
Ce que White entend par «passage extérieur» se dégage de
manière diverse des quatre sections de ce livre : «Éloge de
l'isolement», «Souvenirs de la province des pluies», «Le
manuscrit des Mascareignes» et «Lettres du promontoire», où
une méditation profonde s'allie à un humour... transcendantal.
Dans tous les cas et dans tous les lieux limites évoqués dans
ces «passages extérieurs», il est question de maintenir, face au
théâtre du monde, une distance et un silence où l'être peut
encore connaître une présence et une plénitude.
Intellectuel nomade qui suit des circuits inédits, fondateur
du mouvement géopoétique, Kenneth White vit actuellement,
dans son «atelier atlantique», sur la côte nord de la Bretagne.