Et si l'homme devait mourir : paroles d'un médecin réanimateur

"Tous les urgentistes connaissent le cas de cette jeune femme
qui avait ingéré des médicaments pour le coeur et qu'une équipe
de SAMU et d'un service d'urgence a réanimée grâce à un massage
cardiaque externe effectué pendant six heures... six heures...
en lui permettant, au bout, de recouvrer une vie sans séquelles.
Alors se battre là, oui.
Parfois même se battre de façon déraisonnable, repoussant
de trente minutes l'arrêt de la réanimation d'un blessé de la route
parce qu'il est jeune... puis voir ce confrère la poursuivre quinze
minutes de plus parce qu'il a une alliance...
Voir surtout que les médecins ont en eux cette volonté de ré-inviter
la vie à venir parce que c'est trop tôt, parce que c'est trop injuste,
parce qu'il y a dehors, assise et protégée du froid, la jeune femme
de cet homme qui ne voudra pas croire que c'est déjà fini."
Un récit bouleversant. Par son style, son allant, la voix qui
le porte. Et par la nature du récit : ni roman, ni essai,
ce livre-témoignage parle d'une profession - "impensable", presque
"folle"-, celle de médecin réanimateur, urgentiste qui plus est.
Ré-inventer la vie lorsque tout espoir semble perdu. Ce métier,
Jean Marie Fonrouge l'a exercé pendant plus de vingt ans
en SAMU. Il en parle avec conviction, avec doute, avec colère,
avec espérance. Les scènes qu'il décrit sont d'autant plus fortes
qu'elles sont vécues. Elles questionnent la pratique de la médecine,
nous interrogent sur notre propre rapport à la mort, nous
rappellent l'essentiel, nous disent de quoi la vie est faite. Ce livre
est un cri, un message.
Postfaces de Didier Truchet et Xavier Emmanuelli.