Quelques réflexions sur la manière de faire la guerre en 1914

Né en 1848 à Bruay-la-Buissière, dans le Pas-de-Calais, Jules Tournois de Bonnevallet descend d'une famille originaire de Touraine et installée en Artois depuis le début du XIXe siècle. Après la guerre franco-prussienne de 1870-71, il s'établit à Berles-Monchel, localité située à une vingtaine de kilomètres à l'ouest d'Arras et dont il sera maire de 1874 jusqu'à sa mort en 1936.
Son journal, tenu régulièrement de 1914 à 1919, décrit les événements de la Grande Guerre de manière à la fois distanciée et engagée: son témoignage n'est pas celui d'un combattant, mais du châtelain et du maire d'un village situé à quinze kilomètres du front, où se côtoient états-majors, français puis britanniques, et combattants des tranchées venus y chercher un bref répit. On y trouve l'écho des combats tout proches et de leurs répercussions sur la vie locale, mais aussi des commentaires parfois acerbes - et inhabituels - sur la conduite générale de la guerre.