De la signare à la diriyanké sénégalaise : trajectoires féminines et visions partagées

De la Signare à la Diriyanké sénégalaise
En s'interrogeant sur les signares dans la longue durée (XVIII<sup>e</sup>-XX<sup>e</sup> siècles), Aissata Kane Lo engage une réflexion qui se situe au carrefour de plusieurs domaines d'études. Il s'agit d'un mélange d'histoire des femmes, d'histoire économique et culturelle, qui s'appuie sur toutes sortes de sources à la disposition de l'historienne.
Dans le cadre de cette étude, il s'est agi de cerner le contenu de l'identité signare. Dès lors, démarre une interrogation sur ce qui fait la spécificité du groupe des signares, et sur quoi repose l'unicité de son modèle. À partir de quels éléments, les constructions identitaires ont-elles été opérées ? Comment cette identité s'est formée en s'adaptant aux besoins de chacune des grandes subdivisions de l'histoire des signares ? Dans quelle mesure ces adaptations ont eu lieu dans un contexte marqué par l'essor du commerce atlantique et de la gomme, la crise économique et sociale des années 1840, l'application du Code civil et enfin l'abolition de la traite ? L'auteur montre que dans l'histoire des genres de l'espace sénégambien des XVIII<sup>e</sup> et XIX<sup>e</sup> siècles, on ne peut s'empêcher de noter que, les créations féminines de l'époque coloniale sont indissociablement liées au milieu signare.
On assiste au cours du XX<sup>e</sup> siècle à la réappropriation de leur héritage par un groupe de femmes, les diriyankés, qui se distinguent par leur prestance dans la société sénégalaise d'aujourd'hui. De par les ambitions qu'elles affichent et profitant d'un environnement institutionnel favorable, elles ont de sérieuses prétentions pour s'imposer dans une société encore dominée par les hommes.