Simondon ou L'encyclopédisme génétique

Le regain progressif d'intérêt dont a bénéficié depuis 1990 la
pensée de Gilbert Simondon (1924-1989) s'est encore renforcé,
depuis 2006, par la publication de textes inédits du philosophe
français, ainsi que par celle, enfin unifiée, du grand oeuvre de
Simondon, jusque-là publié en deux parties : sa thèse principale
pour le doctorat d'État, intitulée L'individuation à la lumière des
notions de forme et d'information. La présente étude se propose
de revenir sur ce texte fondateur, origine de L'individu et sa
genèse physico-biologique comme ensuite de L'individuation
psychique et collective , pour en dégager à la fois l'originalité
et l'actualité, mais aussi pour mieux comprendre finalement
le classique de l'auteur, sa thèse complémentaire : Du mode
d'existence des objets techniques.
On découvrira la portée du «nouvel encyclopédisme» dont
Simondon se voulait l'initiateur. Il apparaîtra alors que dans
le sillage de son directeur de thèse, Georges Canguilhem, avec
d'autres modalités et insistances que lui, Simondon ne rejette le
«facile humanisme» que par exigence d'un humanisme difficile
qui sache d'une part faire dériver l'homme du vivant, d'autre part
intégrer la technique à la culture.