De qui, de quoi se moque-t-on ? : rire et dérision à la Renaissance

De qui, de quoi se moque-t-on ? : rire et dérision à la Renaissance

De qui, de quoi se moque-t-on ? : rire et dérision à la Renaissance
2005196 pagesISBN 9782878542684
Format: BrochéLangue : Italien

Dans une Italie secouée par quatre décennies de guerres, puis - la paix revenue -

dominée par des puissances étrangères et une Église contre-réformiste, que deviennent

les ressorts et les finalités du rire ? Quelques éléments de réponse sont apportés, pour ce

qui concerne la guerre, par l'analyse de deux oeuvres majeures de Machiavel ( Le Prince

et La Mandragore ) et par l'examen croisé de textes littéraires et iconographiques issus

d'une culture locale, celle de Ferrare, reposant sur l'héroïsme guerrier. Dans le traité de

Castiglione, pour ce qui concerne la modélisation des comportements sociaux,

l'approche du comique met à jour les tensions que les données conflictuelles du présent

insinuent dans l'élaboration collective de la figure idéale du «parfait courtisan» - que

l'on ne peut que «former en paroles». Mais, lorsque le modèle du Courtisan est exporté

dans un autre contexte, comme à Valence, en Espagne, Luis Milàn fait de la pratique du

burlesque la mise en question des paroles mêmes dont le courtisan se sert pour penser et

composer son image.

Le rire qui, encore dans la première moitié du XVI<sup>e</sup> siècle, pouvait exercer une

fonction critique, en prise directe avec le vécu, et cibler, par le biais de sa perspective

oblique, des objectifs précis, ce rire, en se domestiquant, tend vers la fin du siècle à se

dilater, à devenir multiforme dans le théâtre de Giambattista Della Porta ou dans les

Contes de Giambattista Basile. Dès lors que ces oeuvres, par un pot-pourri d'inventions

linguistiques, phagocytent toutes les autres pour mieux les recréer (comme le dit, dès son

titre, Lo Cunto de li cunti : le récit qui contient et engendre tous les récits), l'éclat de rire,

en s'appliquant à toutes choses, au lieu d'être - comme chez Machiavel - une forme de

résistance contre les aléas de la Fortune, semble exprimer la béance de tout ce qui échappe

à l'homme et le dépasse.

Les travaux d'Anna Fontes Baratto, professeur à l'université de la Sorbonne

Nouvelle-Paris 3, portent sur la littératurenarrative du Moyen Âge et de la Renaissance :

recueils de nouvelles (Boccace, Giovanni Sabadino degli Arienti, Bandello), narration en vers

du poème chevaleresque (l'Arioste), formes brèves de la facétie (L. Domenichi), récit

autobiographique (Cellini).

Après avoir dirigé le CRIRC, elle dirige actuellement le CERLIM (Centre d'Étude et de

Recherche de Littérature Italienne Médiévale.

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