L'art de la caricature

Cet ouvrage aborde la question de la caricature, longtemps
tenue pour un art mineur, à partir d'approches qui en ont
renouvelé l'étude. Il réunit des contributions d'historiens
de l'art et de littéraires venus d'horizons divers, depuis Montréal
et New York jusqu'à Vienne, en passant par Dijon, Strasbourg et
Paris. Il s'efforce d'en apprécier autant la portée expérimentale et
novatrice, tout à la fois pratique et théorique, que l'engagement
politique, social et polémique, et les implications esthétiques.
Cet art moderne et graphique qui a recours au rire comme à une
arme procède d'une anthropologie de l'image associée à l'histoire
du corps et des émotions.
L'essor de la caricature s'effectue à la jonction du croquis et du
dessin de presse en Angleterre à la fin du XVIII<sup>e</sup> siècle, puis en
France sous la Monarchie de Juillet, avant de s'internationaliser à
la fin du XIX<sup>e</sup> siècle et de se poursuivre jusqu'à nos jours comme
une expression dynamique et gestuelle, celle du trait.
La caricature est ici abordée comme un langage en
métamorphose, dont les usages sont analysés à partir d'études de
cas, qui en abordent les genres, les thèmes, les registres, les tons
et la pluralité des modes d'expression. L'industrie du recyclage y
devient un art qui se prête à d'innombrables variations imagées.
Les salons caricaturaux engagent une réflexion critique sur les
arts, tout en procédant de la critique d'art ; ils ouvrent aussi la voie
aux formes de l'abstraction.
La question de l'intermédialité permet d'interroger d'un essai à
l'autre les portraits-charges visant Émile Zola, les dessins satiriques
d'Albert Robida et d'André Rouveyre, le rapport du texte et de
l'image dans les histoires en images de Gustave Doré, la bande
dessinée dans la presse fin de siècle, la culture des cabarets et
le cinématographe de Serguei Eisenstein, dessinateur-cinéaste
inspiré par Honoré Daumier.