1er régiment d'artillerie de marine

Ils furent les bombardiers de la marine royale, les canonniers de
la Révolution et de Napoléon avant de devenir des «Bigors»,
surnom qui leur fut donné par les marins des bâtiments de la
marine nationale sur lesquels ils embarquaient pour des expéditions
lointaines. Depuis Lützen en 1813 où ils prirent une part
prépondérante au succès, jusqu'à la fin de la guerre d'Algérie,
pas moins de 15 noms de batailles couvrent les soies de l'étendard
du premier de l'Arme.
Le Mexique à deux reprises, en 1838 et 1863 et la Crimée
sous le Second Empire contribuèrent à sa renommée. La gloire
immortelle de Bazeilles les 31 août et 1<sup>er</sup> septembre 1870, au
sein de la Division bleue, est depuis longtemps entrée dans l'Histoire,
non seulement de l'Arme mais aussi de la France. Sous la
III<sup>e</sup> République, les Bigors du 1<sup>er</sup> régiment d'artillerie de marine
participent activement à la conquête de l'empire colonial : Sontay
et Langson en Indochine (1883-1884), le Dahomey en
1892 et Madagascar en 1895 témoignent de sa vocation coloniale.
C'est sous ce nouveau nom de 1<sup>er</sup> régiment d'artillerie
coloniale que le corps entre dans la Grande Guerre. Deux nouvelles
inscriptions de batailles : Champagne 1915-1918 et La
Somme 1916 ornent son étendard. Vient enfin la Deuxième
Guerre mondiale et l'extraordinaire périple en Afrique et au
Levant de la 1<sup>re</sup> division de Français Libres. Combattant sous
l'écusson frappé de la croix de Lorraine, le 1<sup>er</sup> régiment d'artillerie
coloniale commandé par une grande figure des Français
libres, le colonel Laurent-Champrosay, compagnon de la Libération,
est cité à l'ordre de l'armée à plusieurs reprises et de nouvelles
inscriptions prennent place sur l'étendard : Bir-Hakeim
1942 dont la commémoration est devenue la fête du régiment,
puis El-Alamein la même année ; Takrouna en 1943, le Garigliano
en 1944 et enfin Colmar en 1945 complètent l'épopée.
Chacune de ces inscriptions est lourde du sang des braves
pour que vive la France.
Aujourd'hui, installé à Laon-Couvron au quartier Général
Mangin, le 1<sup>er</sup> régiment d'artillerie de marine appartient à la
prestigieuse 2<sup>e</sup> brigade blindée. Doté des redoutables canons de
155 mm AUF 1 et des mortiers de 120 mm, sur tous les
théâtres d'opérations où sont engagées les armes de la France,
il justifie pleinement sa devise :
«Alter post fulmina terror».