La franc-maçonnerie des Bonaparte

Napoléon fut-il franc-maçon ? Comment la franc-maçonnerie,
qui avait disparu pendant la Révolution,
a-t-elle pu renaître, se donner des protecteurs,
devenir une institution quasi officielle dévouée à
l'Empereur, servir la pénétration française par une
politique de collaboration dans les pays d'Europe
annexés ou vassaux ?
Jamais la franc-maçonnerie n'a été davantage
associée à la politique du gouvernement que
pendant la période impériale. Patronnée par
l'Empereur, placée sous l'autorité de ses frères, de
ses parents et de ses plus proches collaborateurs,
fréquentée par les plus hauts dignitaires, elle fut un
instrument du pouvoir en échange d'une protection
ouvertement accordée.
François Collaveri fait aussi revivre les loges qui, en
Europe, furent créées au sein des unités militaires
ou par des fonctionnaires et des magistrats envoyés
en pays conquis. Il montre comment elles purent
assurer une collaboration plus confiante des
notables et des élus avec les autorités impériales.
Si certains États vassaux purent jouir, maçonniquement,
d'une certaine indépendance vis-à-vis de
Paris, ce fut toujours sous l'autorité d'un Bonaparte
désigné comme Grand-Maître.