S'occuper en t'attendant

Pour oublier son amant, homme marié, mais lâche - pour
«s'occuper en attendant» -, Marion Favry explore un registre
infini de plaisirs charnels en compagnie d'hommes
de substitution. Aucune pratique n'échappe à sa soif d'abandon :
boîtes, saunas, clubs, couples échangistes, toujours avec
ce regard scrutateur d'une narratrice qui observe les réactions
de ses compagnons de chair et tente d'analyser les siennes,
nullement dupe du fait que peut-être tout ceci est vain. Mais que
c'est, après tout, une option comme une autre pour gagner l'oubli
et la liberté d'être...
La crudité de ce «je» féminin a de quoi surprendre : le ton est
franc, le vocabulaire explicite, proche de l'oralité parfois, mais le
style maîtrisé permet d'éviter l'écueil de la vulgarité. S'occuper en
t'attendant est un récit très «brut» de la part d'une femme,
contrebalancé par des harangues à l'amant qui parlent d'amour
perdu et de sentiments écornés...
Une juxtaposition parfaitement réussie.