Républicanisme : une théorie de la liberté et du gouvernement

Républicanisme : une théorie de la liberté et du gouvernement

Républicanisme : une théorie de la liberté et du gouvernement
Éditeur: Gallimard
2004444 pagesISBN 9782070768387
Format: BrochéLangue : Français

Le républicanisme n'est pas français.

Inventé par la cité libre grecque, nourri par les cités-États libres de

l'Italie de la Renaissance ou la république de Hollande du XVII<sup>e</sup> siècle,

porté par les courants antimonarchistes de la Révolution anglaise, les

colons révolutionnaires de l'Indépendance américaine ou les courants

radicaux de la Révolution française, il est la manière la plus ancienne de

penser la liberté politique : la liberté comme non-domination, c'est-à-dire

comme l'absence de subordination à - ou d'interférence de la part de -

une autorité susceptible de devenir arbitraire.

Telle est la raison pour laquelle toutes les Révolutions occidentales

l'ont étouffé, dès lors que l'extension de la citoyenneté au-delà de la communauté

des possédants masculins aurait conduit à octroyer à tous les

citoyens - femmes et serviteurs - la liberté, au sens ancien.

Restituer l'histoire du républicanisme comme idée de liberté et non pas

comme simple régime politique, c'est exhumer d'abord un ensemble cohérent

de présupposés centraux dans le développement de la vie politique

européenne, antérieurement à la Révolution française. C'est, à partir de

ces présupposés, élaborer ensuite une philosophie néorépublicaine qui entend

défendre une conception du gouvernement distincte de celle propre

aux perspectives libérale et populiste.

C'est soulever, enfin, la question de la particularité du républicanisme

français : Sieyès est-il fidèle au républicanisme lorsqu'il remplace le discours

du peuple par celui de la nation ? L'insistance sur des notions aussi

centrales que celles de peuple unitaire et de nation unitaire permet-elle de

défendre les objectifs républicains : l'instauration d'une communauté et

l'accomplissement de l'égalité ? Quelle est la signification constitutionnelle

de l'appel à une souveraineté du peuple ou de la nation ? Est-il compatible

avec le fait de limiter ce qui pourrait être imposé suite au résultat d'une

décision plébiscitaire ou parlementaire ? Si c'est le cas, le Conseil constitutionnel

sert-il plus adéquatement cet objectif que le système américain

de contrôle judiciaire ?

Telles sont là quelques-unes des questions que pose cet ouvrage. Il

contraint les «Républicains» français à sortir de l'Hexagone pour se

confronter à une tradition dont il n'est pas assuré qu'ils soient les

meilleurs héritiers.

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