Dix mois à Verdun : un aumônier militaire en première ligne : 26 février 1916-10 janvier 1917

Il fut la lumière de l'espérance dans l'enfer de Verdun. Aumônier-brancardier
de la 28<sup>e</sup> DI, l'abbé Charles Thellier de Poncheville a laissé une
image quasi légendaire dans la mémoire des survivants de la terrible bataille.
Ne ménageant jamais sa peine, méprisant le danger, il surgissait toujours
là où les poilus souffraient dans leur chair et désespéraient dans leur âme,
leur prodiguant secours et consolation.
Ce grand prédicateur, dont le philosophe Jean Guitton nous a laissé un
portrait plein de révérence, a raconté dans ce livre ce que fut son apostolat
durant les dix mois qu'il passa en première ligne, de février 1916 à janvier
1917. Peu d'ouvrages allient de façon aussi impressionnante la vérité,
parfois effrayante, du témoignage et la noblesse du ton. Il fallait sans doute
être aussi absolument, aussi intégralement chrétien que l'était Poncheville
pour regarder en face, avec autant d'abnégation, de compassion et, disonsle,
d'amour, l'humanité dans sa misère et sa déréliction.
Mais on verra aussi, à la lecture de ces souvenirs, que ce prêtre, de la race
dont on fait les grands saints, était un homme dont le simple commerce
apportait un formidable réconfort aux poilus comme à leurs chefs. En
témoigne ce portrait que brosse de lui l'un de ceux qui l'ont côtoyé dans la
tranchée : «Une causerie verveuse, spirituelle, bondée de faits, où l'intérêt
du fond lutte avec l'élégance de la forme et le charme de la distinction. Une
ironie fine, qu'émousse avec charité sa foi chrétienne. À l'égard du plus
minime, une politesse de grand seigneur. Comme soldat, un courage
impeccable, souriant, tranquille, une égalité d'héroïsme égale à son égalité
d'humeur...» On ne pouvait mieux présenter ce livre qui est le reflet de
l'homme, ni plus ni moins.