Les grandes maisons du vignoble de Jerez (1834-1992)

En Andalousie, entre les trois villes de Jerez
de la Frontera, Puerto de Santa María et
Sanlúcar de Barrameda, s'étend un vignoble
dont les paysages, les techniques d'élevage
du vin, la gamme étendue de productions
et même l'architecture urbaine manifestent
l'originalité. Celle-ci est profondément
ancrée dans l'histoire. En 1834, avec la disparition
de l'ancienne structure corporative,
il devint possible de cumuler les activités de
production de raisin, d'élevage et de commercialisation
des vins. Certaines entreprises
familiales surent profiter de cette situation
nouvelle : agrandissant leur domaine foncier,
augmentant leurs stocks et consolidant leur
présence sur les marchés étrangers, leur
envergure leur permit de résister aux crises
qui survinrent à la fin du XIX<sup>e</sup> siècle et
d'étendre progressivement leur domination
sur le vignoble, formant une véritable aristocratie
viticole, avec ses figures marquantes et
ses traditions. Au cours des années 1960,
l'essor très rapide des exportations ouvrit un
âge d'or qui prit fin au début des années 1990,
la surproduction et la baisse de la demande
extérieure imposant des restructurations
drastiques, sonnant le glas des structures à
capital familial et préparant l'entrée en scène
des multinationales de l'agro-alimentaire.