Le jour se lève : l'héritage du totalitarisme en Europe, 1953-2005

Attentat d'un jeune d'extrême droite contre le président de la
République française, croix gammées dans les cimetières juifs,
saluts fascistes dans les stades de football, la passion raciste et
ultra-nationaliste, la fascination pour la violence, réminiscences
des mouvements et régimes totalitaires d'extrême droite, semblent
s'être emparées d'une fraction de la jeunesse européenne.
Tee-shirts à l'effigie de Che Guevara, de Lénine et même du
KGB, défilés russes à la gloire de Staline, montée en puissance du
vote trotskyste à l'élection présidentielle française, mobilisation
spectaculaire des «nouvelles radicalités» contre le projet de
Constitution européenne : les idées qui ont fait la force du mouvement
communiste tout au long du XX<sup>e</sup> siècle semblent
connaître une nouvelle jeunesse.
Soixante ans après la défaite du nazisme allemand et du fascisme
italien, un demi-siècle après la mort de Staline, la pensée
totalitaire et les pratiques qu'elle induit hantent-elles toujours
l'Europe ? Pourquoi nos sociétés opposent-elles tant d'obstacles à
un travail d'histoire et de mémoire des totalitarismes européens ?
Pourquoi la pensée totalitaire, fondée essentiellement sur l'idéologie
révolutionnaire et l'utopie, continue-t-elle de trouver bon
accueil dans nos sociétés démocratiques ?
C'est à toutes ces questions qu'une équipe de vingt-deux
historiens, sociologues et politologues venus de toute l'Europe
consacre sa réflexion, dans cet ouvrage qui poursuit une
recherche déjà engagée dans Quand tombe la nuit - Origines et
émergence des régimes totalitaires en Europe, 1900-1934 (L'Âge
d'homme, 2002) et Une si longue nuit - L'apogée des régimes totalitaires
en Europe, 1935-1953 (Éditions du Rocher, 2003).