Sermons aux oiseaux : cinquante homélies pour le temps qui demeure

Les paroles du Christ se déploient avec ceux qui les lisent -
qui les lisent à la clarté de leurs cinq sens. Avec leurs yeux,
bien sûr, mais des yeux doués d'un regard longuement poli
par la contemplation, aiguisé par la patience, vivifié par
l'étonnement ; un regard à la fois vieux de milliers d'années,
car s'enracinant dans les profondeurs du temps de la Révélation,
et jeune à chaque aujourd'hui, car s'enfantant d'instant
en instant, inlassablement tendu à la pointe du présent,
ouvert à du neuf, à de l'insoupçonné - à de l' à venir. C'est à
cette lecture que nous convient ces Sermons aux oiseaux , la joie
de lire avec nos cinq sens, et de développer, à notre tour et à
notre mesure, un sixième sens : celui du chant silencieux,
du picorement de la lumière, d'une continuelle migration
intérieure pour découvrir les trouées d'infini secrètement
inscrites dans notre finitude. «À vrai dire, tous les sermons
sont aux oiseaux [qui] font du ciel une terre et de la terre un
ciel» - qui font du ciel un texte et de ce texte un haut chant
de la terre. Qui font de tout un vol dans l'immensité.