La presse à Nantes de 1757 à nos jours. Vol. 2. Les années Schwob (1876-1928)

Le vendredi 30 juin 1876, l'information fait le
tour de la ville : Évariste, le dernier de la
dynastie des Mangin, cède la main. Mais qui
est donc ce George Schwob qui achète le
Phare de la Loire ? Un nom difficile à prononcer.
Une fiche à la préfecture : «appartient
à la religion juive, affiche des idées
matérialistes». Une fortune acquise en
Égypte. Elle court, la rumeur. L'antisémitisme
s'affirme sans honte.
D'origine alsacienne, lettré, ardent défenseur
de la République et patriote sourcilleux,
il veut faire de Nantes, comme les Mangin,
un foyer de la lumière républicaine. Avec ses
fils, Maurice, polytechnicien, qui lui succédera,
et Marcel, le «roi au masque d'or»,
écrivain dédicataire du Père Ubu, qui collabore
au journal, il va connaître l'âge d'or de
la presse : les mutations techniques et la
transformation de la profession que la loi du
29 juillet 1881 libère.
Le nombre et les tirages des journaux
s'envolent.
A la charnière des XIX<sup>e</sup> et XX<sup>e</sup> siècles, un
bouquet de lois fonde un régime démocratique
et laïque que défendent d'illustres
«Nantais», Waldeck Rousseau, Clemenceau,
Briand. Le Phare en est l'un des soutiens
tandis que se profile une concurrence venue
de Rennes, L'Ouest-Éclair...