Paradeigmata : recueil d'inscriptions grecques dialectales. Vol. 2-2. L'Eubée

La dernière anthologie étoffée d'inscriptions dialectales
grecques, les Dialectorum Graecarum exempla
epigraphica potiora d'Eduard Schwyzer (Leipzig 1923,
réimpr. Hidelsheim 1960), aura bientôt un siècle. Elle
reste fréquemment citée, mais l'accroissement de la
documentation et le développement des études dialectologiques
font ressentir depuis des années le besoin d'un
nouvel outil à la disposition des hellénistes et des historiens.
C'est le but que se propose la série de Paradeigmata
: offrir pour chaque aire dialectale, replacée dans
son contexte géographique et historique, un choix significatif
de textes, contrôlés autant qu'il est possible, et
systématiquement traduits et commentés. Les textes
dialectaux seront réunis par zones géographiques, sans
préjuger des apparentements hérités ou acquis par
contacts.
Ce deuxième fascicule porte le numéro II, 2. Conformément
aux choix et à l'ordre exposés dans l' Avant-propos ,
il s'intéresse à une aire dialectale de Grèce du
centre : l'Eubée. Maria Luisa Del Barrio Vega présente
un choix de textes eubéens illustrant les principales
caractéristiques du dialecte local : répartition géographique,
distribution chronologique, distribution typologique
du corpus , traits linguistiques marquants... On relèvera
notamment qu'un grand nombre de traits dialectaux
«eubéens» sont seulement attestés dans les
inscriptions d'Érétrie et d'Oropos, qu'Érétrie est la
seule cité dont le nombre d'inscriptions dialectales
conservées permette de connaître de manière plus ou
moins complète le dialecte originaire et que la plupart
des inscriptions postérieures au IV<sup>e</sup> siècle avant J.-C.
sont écrites en attique et en koinè, bien qu'elles présentent
occasionnellement et de manière isolée quelques
traits dialectaux eubéens jusqu'au siècle suivant. C'est
donc une situation linguistique contrastée qui est
brossée ici.