Dumouriez : héros et proscrit : un itinéraire militaire, politique et moral entre l'Ancien Régime et la Restauration

Dumouriez, un traître ? A 53 ans, vainqueur de Valmy et de
Jemmapes, il aurait trahi ? Les faits ne sont pas si simples. Né en
1739, maréchal de camp en 1788, Dumouriez est connu pour des
missions secrètes conduites entre 1764 et 1773, et pour son
commandement à Cherbourg depuis 1778.
Il accepte la Révolution dans ses débuts, en partie parce qu'elle
permet à cet ambitieux de relancer sa carrière : ministre des Affaires
étrangères puis général en chef, il est, entre mars et novembre 1792, le
principal responsable de la politique extérieure française. Il se détache
de la République au moment où elle subit une dérive sanglante. Il laisse
entendre, avant la bataille de Neerwinden, qu'il se prépare à balayer
l'Assemblée et à rétablir une monarchie constitutionnelle. Vainqueur,
il pouvait réussir. Vaincu, il abandonne son armée et son pays.
Proscrit, Dumouriez vit encore trente ans. Il se consacre à des écrits
favorables au libéralisme et à l'émancipation des petites nations.
Bonaparte, qui a réussi en 1799 le coup d'Etat que Dumouriez a
manqué en 1793, ne pouvait accepter son retour. Louis XVIII, plus
tard, ne lui pardonne pas son attachement aux Orléans. Dumouriez
meurt en Angleterre, où il repose encore, mais le nom de ce héros
énigmatique et controversé figure sur l'Arc de triomphe.