Critique, n° 882. Un phénoménologue au coeur du réel

Un phénoménologue au coeur du réel
Depuis un peu plus de vingt ans, une oeuvre se constitue sous nos yeux : celle de Claude Romano. Elle est aujourd'hui forte d'une douzaine de livres. Claude Romano défend une phénoménologie réaliste qui entend plonger ses descriptions au coeur du réel . Il pratique une philosophie à la fois technique et ouverte, évidemment attentive à la tradition phénoménologique, mais aussi soucieuse de dialogues avec les différents courants de la philosophie analytique. Il contribue ainsi, plus qu'aucun autre peut-être, aux échanges qui se nouent aujourd'hui entre Wittgenstein et la phénoménologie.
Claude Romano est l'homme des questions difficiles. Ce qu'illustrent ses plus récents ouvrages : Être soi-même. Une autre histoire de la philosophie et Les Repères éblouissants. Renouveler la phénoménologie ; ce qu'illustrera bientôt un autre livre, sur la couleur, à paraître en 2021. L'occasion était bonne de présenter son travail aux lecteurs de Critique : Martin Rueff l'a saisie pour nous.
Notre dossier s'ouvre sur un inédit : « La couleur des philosophes ». Charles Larmore interroge Être soi-même . Martin Rueff commente Les Repères éblouissants et mène avec Claude Romano un entretien au titre wittgensteinien : « Le philosophe n'est pas celui qui habite une paroisse de la pensée ».