Noires fureurs, blancs menteurs : Rwanda 1990-1994

Noires fureurs, blancs menteurs : Rwanda 1990-1994

Noires fureurs, blancs menteurs : Rwanda 1990-1994
2005544 pagesISBN 9782842059293
Format: BrochéLangue : Français

Au printemps 1994, le monde est stupéfié par les images du déchaînement de

fureur et de violence qui s'est emparé d'un petit pays africain, au coeur de la

région des Grands Lacs, le Rwanda : les corps d'hommes, de femmes et d'enfants

tués à la machette, les charniers dans des villages vidés de leurs habitants, les

figures des rescapés horriblement mutilés et traumatisés, les populations fuyant

vers l'ouest... Jamais le continent noir n'avait connu des massacres d'une telle

ampleur.

Très vite, les médias opposent victimes, les Tutsis, et bourreaux, les Hutus ; et

ils désignent les coupables de cette folie meurtrière sans précédent, qualifiée de

génocide : la communauté internationale, qui n'a rien fait, dont la mission

(Minuar) a même réduit ses effectifs à la veille de l'embrasement général du pays ;

et, en premier lieu, la France, soutien du président Habyarimana, qui aurait

formé les milices Interahamwe qui ont traqué systématiquement les Tutsis.

Son opération militaire (Turquoise), décidée tardivement, n'aurait servi qu'à

masquer sa compromission «néo-colonialiste» avec le régime génocidaire. Ainsi

l'histoire se fige-t-elle dans une version voulue et imposée par le vainqueur : Paul

Kagame, le «libérateur», chef des rebelles tutsis du Front patriotique rwandais

(FPR).

Cependant, cette thèse présente une faille : le déclenchement des massacres,

au lendemain de l'attentat du 6 avril 1994, au cours duquel l'avion du président

rwandais fut abattu. Qui a tué Juvénal Habyarimana, président du Rwanda ? La

question resurgit aujourd'hui, plus de dix ans après les faits, mais cette fois-ci

elle trouve une réponse : des mercenaires à la solde du FPR de Kagame, selon le

juge Bruguière, qui s'apprête à clore son instruction. Ce ne sont donc pas les

extrémistes hutus du régime Habyarimana qui ont prémédité ce coup d'État et

ses monstrueuses conséquences.

Ainsi toute l'histoire du génocide serait-elle à reconsidérer, et Paul Kagame,

aujourd'hui président du Rwanda, apparaîtrait-il comme le plus grand criminel

de guerre en vie. Pierre Péan démontre que le génocide de 1994 ne fut qu'un

épisode dans une guerre civile et régionale ignorée, plus meurtrière encore,

voulue depuis octobre 1990. Le FPR était prêt à tout pour conquérir le pouvoir à

Kigali, y compris à sacrifier Hutus et Tutsis.

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