Le mythe d'Argenteuil : demeure d'un couple royal

Quel étonnant destin pour cette terre de chez nous, qui fut le domaine royal
d'Argenteuil, bijou serti dans un écrin de verdure, dont ce livre présente une
«biographie» captivante !
Situé aux confins d'une des plus jolies forêts du royaume, il fut aménagé, il y
a trois quarts de siècle, en résidence d'été par un ménage belgo-américain
bien nanti. Repris en hâte après d'autres vicissitudes par le gouvernement, le
domaine est confié au prince régent Charles qui s'en déclare déçu et le quitte.
Le château sert ensuite de résidence à des hôtes de marque du gouvernement,
lors de l'Exposition universelle de 1958. L'État belge, propriétaire des
lieux, en cède ensuite la jouissance au roi Léopold III, pour l'y loger avec sa
seconde famille. Il en résulte des remous politiques et un déménagement
sur lequel, enfin, la vérité est établie dans ce livre. Pour Argenteuil s'ouvre
alors le temps de l'apogée mais aussi celui de la discrétion, de l'effacement.
Des hôtes illustres y passent des «moments d'une intensité exceptionnelle»
(Valéry Giscard d'Estaing). En juin 2002, la princesse Lilian s'y éteint après
avoir vécu plus de quarante ans en cette demeure. À sa mort, le gouvernement
prend les mesures pour effacer toutes traces du séjour royal. Puis, après
quelques hésitations, il vend le domaine au plus offrant. Sort vainqueur des
enchères un riche industriel, désireux de s'y livrer à son étonnante passion :
la recherche scientifique en éthologie.
Oui, étonnant destin pour un site. Mais plus encore pour celles et ceux qui
y vécurent. Leur histoire se confond avec celle du domaine, bourrée de
curieuses péripéties. La «biographie» du domaine d'Argenteuil se lit comme
un roman, dans lequel les premiers rôles sont tenus par des membres de la
famille royale de Belgique.