Disparition d'Orphée, de Girodet : d'après Arman

Un soir de décembre 1824, à Paris, le baron Vivant Denon, autrefois surintendant des musées de l'Empire, grand amateur d'art et collectionneur avisé, recevait dans son hôtel du quai Voltaire une poignée d'hommes célèbres ou en passe de le devenir - Talleyrand, le peintre Ary Scheffer, Bertin l'Aîné, patron du Journal des Débats, et le jeune Alfred de Vigny. Après avoir évoqué la mort récente de Girodet (Anne Louis Girodet-Trioson, peintre français né à Montargis en 1767, décédé à Paris le 9 décembre 1824), le baron Denon s'était décidé à révéler un incident dont, quelque trente ans plus tôt, il avait été non seulement le témoin, mais l'acteur involontaire. Cet incident, le plus incroyable qu'un amateur d'art ait jamais vécu, avait provoqué la «disparition» d'une toile qui eût été l'insurpassable chef-d'œuvre de Girodet...