Un parfum de révolte

Un parfum de révolte est plus qu'une autobiographie. C'est la résurgence
d'une mémoire enfouie concernant des faits réels, souvent douloureux,
qui se sont déroulés pendant la guerre de décolonisation de l'Algérie, dite
française. La mainmise sur ce pays n'a pas été salvatrice pour son peuple,
bien que certains historiens réactionnaires répètent à l'envi le contraire.
Trop longtemps la majeure partie de notre pays, de notre peuple n'a
connu aucune évolution inhérente à la modernité. Villages, mechtas et
douars n'avaient ni route, ni gaz, ni électricité. La population vivait dans
des conditions dignes du Moyen-Âge. Si des routes et des écoles furent
construites, c'était pour les colons et leurs enfants. Pas pour les indigènes
dont 80 % étaient analphabètes. L'Histoire, la culture et l'identité même
des Algériens allaient être effacées de la mémoire de leur mémoire,
jusqu'à la veille de novembre 54.
Ce 1<sup>er</sup> novembre sera le début de la fin pour les colons et le réveil
d'une génération d'Algériens qui feront le serment devant Dieu et les
hommes de se battre jusqu'à la mort pour libérer la patrie et bouter hors
du pays les colons.
Ainsi, un jour à Alger, dans le quartier de la régie, Momo et ses potes
vivent des heures d'insouciance ponctuées de matchs de foot, de
longues discussions dans les jardins, de bains de mer et de drague gentillette.
Avec une naïveté touchante l'auteur nous entraîne en compagnie
de son héros dans cette lente plongée vers le terrible drame qui se noue
pour lutter contre la présence coloniale. Comme toute tragédie, cette
guerre engendrera des pertes considérables en vies humaines chez les
belligérants.