Les recherches du professeur K : et autres nouvelles

« Un bord de mer.
Un bord de mer tourné vers l'orient. Au-devant, la mer, immensément vaste ;
derrière, un flanc de montagne escarpé ; et entre les deux, un intervalle d'à peine
dix mètres.
Sur la montagne, des azalées et toutes sortes de fleurs, et sur la mer, des
mouettes et, de temps à autre, dans le lointain, un voilier. [...]
En cet endroit se trouvait tout isolée une chaumière. Là vivaient un veuf avec ses
deux filles. Lui avait déjà passé la soixantaine, l'aînée de ses filles avait dix-huit
ans et la cadette quatorze ans.
L'aînée s'appelait Yeon-yeon et la cadette Ae-ae. »
Dans les nouvelles de Kim Dong-in, ce paysage idyllique évoquant un ordre
ancien qui semble immuable, se retrouve dans la tourmente des années 1930,
celle d'une société en mutation : l'urbanisation de Pyongyang avec le cloaque
des bordels qui l'accompagne, les brimades et les humiliations du colonisateur
nippon jusqu'à la perte totale de dignité des Coréens qui conduit à une emprise
croissante des instincts sur les restes d'une poésie ancienne. C'est tout cela,
avec sensibilité mais sans fausse pudeur, que Kim Dong-in décrit et qui fait de
lui l'un des plus grands écrivains coréens de la période coloniale (1910-1945).
Kim Dong-in, peintre sans concession du Pyongyang des années 30.
Un des pionniers de la littérature coréenne du XX<sup>e</sup> siècle.