Les vies des plus excellents peintres, sculpteurs et architectes. Vol. 2. Andrea Mantegna : éditions de 1550 et de 1568 (II, 47-II, 46)

La Vie que lui consacra Giorgio Vasari en 1550 fut la première
biographie d'Andrea Mantegna. Lacunaire, cette Vie
fut critiquée dans le De antiquitate urbis Patavii du chanoine
Scardeone, paru en 1560. Scardeone y dressait un portrait
neuf des années d'apprentissage de Mantegna, dont il revendiqua
la formation padouane, après avoir tiré de l'oubli
la figure de son maître, Francesco Squarcione. Vasari retoucha
donc, dans la seconde édition des Vite , l'image qu'il
avait tracée de la jeunesse d'Andrea. L'on doit à ce dialogue
des deux écrivains l'anecdote fameuse qui met en scène
Squarcione blâmant son disciple d'avoir peint, aux Eremitani
de Padoue, des personnages semblables à des statues
antiques colorées. Chez Mantegna, il est vrai, les arcs, les
portiques, les frises rompues, les marbres, les montagnes
pénétrées de cavernes ombreuses, les citadelles au loin, paraissent
faits de toute éternité pour s'accorder aux destinées
d'une humanité de pierre. L'auteur des Vies ne goûtait guère
cette poétique de l'immobile, de la roche et de l'Antiquité,
lui préférant l'autre face du génie d'Andrea, sa virtuosité
dans l'exercice de la perspective et son inépuisable tendresse
pour le détail.
On trouvera ici la Vie d'Andrea Mantegna, suivant le texte
des deux éditions de 1550 et de 1568, accompagnée d'une
traduction nouvelle et d'un apparat critique original.