Montagnes de Normandie

Il y a une trentaine d'années, lors d'une partie de pêche à la mouche avec mon père,
nous avions abouti, par le plus grand des hasards, au Moulin de la Jalousie, dans les
gorges de Saint-Aubert. Il me souvient d'avoir été surtout surpris, à l'époque, par le
caractère sauvage de la vallée de l'Orne à cet endroit.
Dès lors, poussé par la curiosité, je me suis mis en quête de paysages similaires, si
surprenants dans une région de plaines et de collines : de Mortain en Écouves, en
passant par Domfront, Bagnoles, Falaise et Clécy, j'ai donc arpenté par monts et par
vaux «l'autre Normandie», la Normandie moins verte, moins humaine, grignotée par
les landes, barrée par les escarpements et défoncée par les rivières.
Au cours de ces premières pérégrinations d'apprenti géographe, s'est peu à peu
forgée une conviction, jamais démentie par le reste de mes excursions géologiques
et botaniques : j'étais bien en montagne, certes la plus basse de France mais
également la plus ancienne, le Massif armoricain.