Stendhal

Une légende qui a la vie dure
veut que Stendhal, méconnu de
ses contemporains, étranger à son
époque et rejeté par elle, ait dû
attendre de la postérité une reconnaissance
qui serait restée hypothétique
jusqu'aux années 1890. C'est à
moitié vrai et à moitié faux. À moitié
vrai, car le Stendhal de la fin du
XIX<sup>e</sup> siècle, en effet mieux connu et
mieux compris, est reçu comme le
maître du roman. À moitié faux, car
le XIX<sup>e</sup> siècle, des années 1830 aux
années 1880, ne l'a jamais banni de
sa lecture, ni de sa conscience littéraire.
Stendhal est là, controversé,
fascinant et scandaleux ; il n'a jamais
cessé d'être là ; la grande critique
stendhalienne du XIX<sup>e</sup> siècle réunit
tous les grands créateurs :
Balzac, Barbey d'Aurevilly, Gobineau,
Mérimée, Zola ; et les critiques
essentiels : Sainte-Beuve, Taine,
Bourget.