Sous tant de paupières : Bergman avant la mondialisation des écrans

Sous tant de paupières : Bergman avant la mondialisation des écrans

Sous tant de paupières : Bergman avant la mondialisation des écrans
Éditeur: Age d'homme
2010270 pagesISBN 9782825140239
Format: BrochéLangue : Français

Sous tant de paupières qui ne sont plus une magique exaltation de la

pure contradiction de la rose ni la volupté de n'être le sommeil de personne,

mais plutôt le joint visible derrière la caisse des salles obscures du monde

entier qui vendent, fort chères, des images de nulle part et de partout, répétitives,

le spectacle continue. Désireuses, au départ, d'éveiller peut-être

l'esprit du spectateur, elles abrutissent à coup sûr, maintenant, les foules

conditionnées par le marketing de compagnies internationales déterminées

à supprimer la nature et la civilisation pour enrichir leurs bilans. Marée

noire de la conscience universelle, une telle mondialisation détruit à l'ordinateur

sophistiqué ce qu'autrefois les humains constituaient bien ou mal en

valeurs, pour ne récolter que l'argent, système transcendant qui n'aboutit,

évidemment, qu'à l'argent. Tout le reste ne sera, dès lors, que le tableau des

performances idéalisées et sponsorisées, culturelles ou sportives, emblèmes

de la transformation des sociétés post-modemes. Le rêve commun, auparavant,

fabriqué par la technologie et déposé photographiquement sur la

pellicule, offrait aux auteurs, pauvres ou disposant de studios faramineux, le

choix des instants privilégiés de l'époque afin d'exprimer au mieux ce qu'ils

voulaient dire, malgré de considérables facteurs commerciaux redoutables

et, néanmoins, détournables. Après la fin de la Deuxième Guerre mondiale,

en sept décennies consacrées à la conservation, illégale souvent, des films

officiellement voués au pilon et à l'appréciation personnelle de leurs qualités

ou de leurs défauts, j'ai vécu le cinéma comme un art véritable qui me portait

vers les livres, la peinture et les autres écritures susceptibles d'améliorer

ma compréhension de la vie. Or, depuis la mort d'Ingmar Bergman et celle

de Michelangelo Antonioni pendant l'été 2007, puis du montage prodigieux

d' Histoire(s) du cinéma de Jean-Luc Godard, la rétrospection émouvante

s'enflamma tandis que l'avenir parut s'éteindre à l'ombre d'Internet. La situation

multiplia, par bonheur, la quantité des pays producteurs cités en désordre

ici avec une insistance sur les thèmes abordés qui discutent la tonalité

permanente de la servilité nourrie par les astuces de la publicité, du faux

bonheur et du mensonge médiatique. A travers de petites ouvertures, néanmoins,

qui s'efforcent de clamer ce que les peuples refusent d'entendre et

qui butent devant la télévision massive et l'énorme flux iconographique aux

méthodes pavloviennes, des cris et des chuchotements parviennent encore

jusqu'au solitaire citoyen de même que chez Lévi-Strauss après les pages de

Tristes Tropiques (titre exact de notre planète funeste) «dans le clin d'oeil

alourdi de patience, de sérénité et de pardon réciproque qu'une entente involontaire

permet parfois d'échanger avec un chat».

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