RAF : guérilla urbaine en Europe occidentale

En 1972, alors que la jeunesse occidentale poursuit
sa mobilisation contre la guerre du Viêtnam, des bombes
explosent aux quartiers généraux américains de Francfort et
Heidelberg. Des soldats sont tués et des ordinateurs chargés
d'assurer une partie de la logistique de l'armée américaine au
Viêtnam sont détruits. Pour la première fois, un groupe de lutte
armée, la RAF, affirme qu'il ne représente que lui-même, qu'il est
sujet révolutionnaire. Il attaque l'impérialisme au coeur même
des métropoles, en Allemagne fédérale. Pour les militants de la
Fraction armée rouge, le mot d'ordre du mouvement étudiant,
«Il faut lutter ici et maintenant», est devenu une prescription
éthique qu'ils ont assumée jusqu'en prison, dans les conditions
les plus dures. D'autres attentats suivront, contre des juges, des
policiers, un groupe de presse. En 1977, le groupe s'attaque au
«chef» du patronat allemand, un ancien SS chargé de hautes
responsabilités sous le Troisième Reich.
Cet ouvrage accorde une place déterminante aux écrits de la RAF
et aux enjeux qu'ils sous-tendent car c'est avant tout la production
théorique du groupe qui éclaire le mieux sa cohérence et sa
singularité. Les entretiens menés avec d'anciens militants,
sympathisants et avocats permettent de retracer des itinéraires
et de montrer l'importance des rencontres et du contexte pour
l'émergence d'un groupe porteur d'une pratique aussi radicale.