La démocratie, mais qu'en disent les juristes ? : forces et faiblesses de la rationalité juridique : actes du colloque organisé les 24 et 25 mai 2012 à la Faculté de droit de Montpellier

La démocratie : un concept a-juridique ? L'absence de l'entrée «Démocratie»
dans le dictionnaire de la culture juridique dirigé par Denis Alland et Stéphane
Rials rend cette question légitime. Les juristes ont-ils déserté le débat contemporain
sur la crise de la démocratie ? Longtemps regardés comme les soutiers du système
juridique dont seul le politique revendiquerait en souverain la
paternité, les juristes seraient des exécutants - des «garagistes» ont dit certains.
Et quand bien même peuvent-ils être comparés à des artistes, armés de leur
talent herméneutique, c'est au service d'intérêts qui ne sont pas les leurs qu'ils
tordraient ainsi les textes juridiques. Qu'auraient donc à dire de la démocratie
des juristes aux ordres ? Et pourtant : la Révolution française ne s'est-elle pas
déclenchée grâce au dynamisme des juristes, avocats de leur état, qui animèrent
les débats de la Constituante ? La démocratie, inscrite dans la lettre du droit,
n'est-elle pas de l'ordre de l'idéalité pendant que la réalité sociologique démentirait
ce à quoi «rêvent» les juristes ? Ce sont ces contradictions que les participants
à ce colloque, tenu à Montpellier, ont essayé de dénouer. Vingt ans après le
colloque sur «La démocratie continue» organisé par Dominique Rousseau,
Alexandre Viala invite ses collègues à réfléchir : «La démocratie : mais qu'en
disent les juristes ?».