Strasbourg romantique : au siècle des peintres et des écrivains voyageurs

Pendant les belles années du «siècle
romantique» - qui commence au début
du XIX<sup>e</sup> siècle et s'achève avec le terrible
siège de 1870 - Strasbourg est une ville à la
croisée des chemins : les voyageurs qui
traversent l'Europe, d'abord en malle-poste
puis en train, y font étape sur les traces
incontournables de Goethe et tombent sous
le charme de la cité-frontière au passé
médiéval partout apparent.
Poètes, peintres, écrivains ou historiens,
tous se délectent du pittoresque des «choses
vues» : la cathédrale avant tout, mais aussi
le mausolée du maréchal de Saxe, les
concerts du Broglie, les grandes fêtes
données en 1840 en l'honneur de Gutenberg
et de Kléber... Ils aiment les grandes
brasseries de la ville et leurs figures hautes
en couleur, relèvent les accents joyeux de la
langue populaire, les manières de vivre, les
costumes. Les impressions des écrivains
voyageurs français content les bouleversements
du paysage urbain - les quais
insalubres aménagés en agréables promenades,
le «marais vert» transformé en une
gare moderne, des places agrandies,
l'éclairage public installé - et font revivre un
Strasbourg en grande partie disparu.
Quant aux tableaux et aux dessins
réalisés par les nombreux artistes romantiques
inspirés par Strasbourg - comme
Eugène Delacroix ou Gustave Courbet -,
aux innombrables gravures et aux premières
photographies, ils composent un superbe
hommage à une ville qui n'en finit pas
d'éblouir ses visiteurs.