Hannah Arendt : l'exil atlantique

Janvier 1941. L'Europe en guerre sur les bords du Tage. Des réfugiés
«illustres» et anonymes arrivent de l'Europe du Nord. Parmi eux :
Hannah Arendt, philosophe, intellectuelle juive, grand esprit du siècle.
Elle vient de s'enfuir du camp de Gurs, en France. Trois mois d'exil
à Lisbonne au Portugal, voie de sortie dans ces «temps sombres»,
avant de traverser l'Atlantique pour les États-Unis avec dans ses
bagages le manuscrit philosophique de son ami Walter Benjamin
disparu un an plus tôt, à la frontière espagnole. Hannah et son mari
Henrich Blücher passent la frontière et traversent le Portugal dans
l'espoir d'obtenir le sauf-conduit qui les mènera en Amérique.
Hannah doit rencontrer et convaincre un journaliste (José Pedro
de Azevedo), qui a des «relations». Celui-ci se présente comme un
être ambigu et tourmenté. Il essaye de séduire Hannah et tente de
faire entrer sa «proie» dans son univers lisboète trouble... Agent
affecté au service des exilés ? Ami sincère ?
La pièce tourne autour de ces images : le Tage, Lisbonne,
symboles de voie de sortie dans ces temps troublés, elle éclaire le
sentiment de l'exil et du refuge... Ces épisodes réels et imaginés
fournissent l'occasion de décrire la femme, la philosophe, la situation
nébuleuse de la période qui précède de peu la «solution finale»...