Le Novellino : les cent nouvelles antiques ou le livre du beau parler gentil

La Vita nuova de Dante, c'est 1292. Le Novellino peut lui
être antérieur d'une trentaine d'années. «Dugentesco»
(mille-deux-centesque), qui est l'épithète d'évaluation
consacrée par la critique italienne actuelle, est alors bien ce
qu'il convient pour fixer l'âge de composition de ce capital
monument de la pré-Renaissance.
L'auteur est anonyme. Aucune des conjectures auxquelles
on s'est livré n'a réussi à l'identifier. Ce n'est ni Francesco
da Barberino, ni Brunetto Latini, ni Andrea Lancia, ni
non plus Dante da Maiano. Il n'en demeure pas moins que
c'est un écrit d'une robuste et belle fraîcheur, et si ce n'est
pas, comme on l'a dit, un auteur qui parle, c'est - et c'est
bien préférable - son siècle entier dans toute sa finesse,
dans sa vieille sagesse et sa force qui s'exprime par lui.