Arzanà, n° 16-17. Ecritures de l'exil dans l'Italie médiévale

Phénomène majeur qui a marqué en profondeur la société et la
culture italiennes dès le Moyen-Âge - le nom de Dante suffit pour
l'attester -, l'exil est ici abordé par le biais de ses représentations
littéraires et artistiques : cet ouvrage entend explorer l'imbrication
de ses multiples facettes et la pluralité de ses répercussions,
qu'elles infléchissent les parcours individuels ou qu'elles influent
sur les productions de l'imaginaire.
Si l'ampleur du phénomène est incontestable, il importe d'abord
de mieux cerner la notion même d'exil en tant que sanction
juridico-politique : dans ce domaine, le passage crucial, terminologique
et conceptuel, du bannissement à l'exil se produit alors
même que l'Église redéfinit les pratiques religieuses de l'exclusion,
en recourant notamment à l'excommunication. Bien des articles
portent ensuite sur les réinterprétations et réélaborations de la
métaphore de l'existence comme peregrinatio ou navigatio pour
l' homo viator : l'exil-exclusion est ainsi susceptible de se transformer
en exode, en itinéraire conduisant vers une terre promise qui
peut apparaître, tour à tour, comme le havre de la reconquête de
soi, la cité céleste ou la gloire poétique. Aussi s'agit-il de prendre
également en considération la dimension métalittéraire du
phénomène : si l'intériorisation de l'exil comme auto-exclusion,
plus ou moins volontaire, se rattache à la thématique des vertus
ou des Muses en exil (que l'on songe à Pétrarque), elle mène
d'autre part à la création d'une nouvelle figure de l'auteur et de
son texte, ou de son rapport au texte.