La dernière rose

L'oeuvre de Màrius Torres mérite largement d'être mieux connue
et reconnue en France : il aimait spécialement ce pays et sa culture.
Après la défaite des républicains en Espagne, la France accueille la
famille du poète. Quant à lui, il appréciera surtout Baudelaire et le
mouvement symboliste français (il mit en musique la «Chanson
d'Automne» de Verlaine).
Ses poèmes font découvrir un artiste qui aime surtout la musique,
l'harmonie et la suggestion pour exprimer en langue poétique, d'une
manière contenue, ses sentiments et émotions. Au fur et à mesure que
le temps passe, Màrius devient plus intimiste, plus lyrique : la poésie
donne du sens à sa vie isolée par la maladie et par des circonstances
politico-sociales adverses. Il s'interroge sur la beauté, la nuit, la mort
et Dieu, la vie d'un homme dans ses traits essentiels... Esprit profondément
délicat, il aborde ces sujets d'un point de vue universel : il
gomme toute référence directe pour ne garder que ce qui l'unit au
destin de tous ses frères humains...
Le public de langue française se fera ici, pour la première fois,
une idée fidèle de ce grand poète catalan, qui parle directement au
coeur humain de la vie et de la mort, du temps qui passe, des souvenirs
qui restent, de l'amour impossible...
Il y a une ville, très loin d'ici, douce et secrète,
Où les années de joie sont brèves comme une nuit ;
Le soleil y est heureux, le vent est un poète,
Et le brouillard est fidèle, tout comme mon esprit.