L'immigration congolaise en France : entre crises et recherche d'identité

Le Congo-Brazzaville représente en France le cinquième pourvoyeur des immigrés parmi les ressortissants d'Afrique subsaharienne anciennement sous administration française après le Sénégal, le Mali, la Côte d'Ivoire et le Cameroun. Leur nombre est passé de 1172 en 1968, 3435 en 1975, 8940 en 1982 et 12755 en 1990. Dans un contexte de crises politique et économique au Congo qui incite de plus en plus les migrants temporaires à ne pas retourner au pays d'origine, nous avons mené une recherche dont les objectifs visaient à saisir comment se réalise leur intégration en France. L'analyse des statistiques institutionnelles (OMI, OFPRA, INSEE, CNSEE) et le traitement d'une enquête par questionnaire auprès de 200 personnes environ, complétée par des entretiens qui retracent l'histoire migratoire des migrants, illustrent la difficulté qu'il y a à privilégier la conception «normativiste» de l'intégration. Le migrant congolais s'inscrit dans une démarche de «double intégration» faite, d'une part, d'exaltation des valeurs culturelles qui fondent son «identité d'origine» au sein de structures souples, informelles, qui n'ont pas la rigidité d'un communautarisme extravagant, sourcilleux, et, d'autre part, d'adoption des pratiques et valeurs culturelles du milieu d'accueil au terme d'arbitrages incessants.